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marine le pen - Page 31

  • Alain de Benoist et la nouvelle ligne politique du Front National...

    Dans leur blog spécialisé dans le "décryptage" des populismes de droite, Caroline Monnot et Abel Mestre, journalistes au Monde, nous rapportent l'analyse que fait Alain de Benoist, dans un entretien accordé au magazine Flash et publié dans son numéro à paraître, de la nouvelle ligne politique adoptée par Marine Le Pen, la présidente du Front National.

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    « Pour Alain de Benoist, donc, qui rappelle dans cet entretien qu‘il “n’a jamais voté pour le Front national”, il y a “trois inflexions nouvelles [dans le discours de Mme Le Pen]: sa critique accentuée du libéralisme économique et du pouvoir de l’argent, sa critique très jacobine du “communautarisme” et enfin une critique de “l’islamisation” qui me paraît se substituer de plus en plus à la critique de l’immigration”.

    M. de Benoist ajoute: “J’approuve la première et désapprouve les deux autres. Il est possible de dénoncer les pathologies sociales issues de l’immigration sans s’en prendre aux immigrés qui, à certains égards, en sont aussi les victimes. Il est en revanche impossible de critiquer “l’islamisation” sans stigmatiser les musulmans.  C’est en outre ouvrir la porte aux alliances contre-nature que l’on voit se multiplier actuellement, avec, pour conséquence que la droite et l’extrême droite islamophobes sont en train de devenir en Europe, une pièce du dispositif israëlien”.

    Et que pense-t-il de l’orientation plus “sociale” de Mme Le Pen par rapport à la ligne incarnée par Jean-Marie Le Pen? “Du bien”, affirme-t-il, tout en précisant que “dans ce domaine, le FN revient de loin. (…) Même en 2007, le programme du Front était encore bien libéral. A date récente, d’ailleurs, le FN a brillé par son absence dans toutes les luttes sociales. (…) C’est dire que, pour entamer un nouveau cours- et subsidiairement démontrer aux électeurs de gauche qu’il y a plus de socialisme  au Front national qu’au PS ou au PC - il reste beaucoup à faire. En la matière, il ne suffit pas de défendre les “petits” contre les “gros” ou de dénoncer de façon démagogique le “capitalisme mondialisé”. Et Alain de Benoist… d’inviter Marine Le Pen à parler “rapports de classe” et à démonter “la logique du profit et d’accumulation du capital”!

    Selon lui, le FN va devoir trancher entre deux options: “soit être un parti de droite ‘respectable’ appelé à terme à passer des accords politique (…) avec la famille politique correspondant aujourd’hui à l’UMP; soit se poser véritablement comme le parti en devenantle porte-parole des classes populaires qui font aujourd’hui les frais de la crise, et des classes moyennes menacées de déclassement et de paupérisation”. Dans l’un ou l’autre cas, il estime que “le FN aurait tout intérêt à changer de nom”.

    Pour Alain de Benoist,“toute la question est de savoir si Marine Le Pen se situe dans l’optique du “choc des civilisations” ou si elle entend contester frontalement un nouvel ordre mondial  qui utilise (et encourage) l’éventualité de ce “choc” pour renforcer la puissance dominante des Etats-Unis et de ses alliés. Le vrai clivage est là.” »

    (Source Droite(s) extrême(s), 26 janvier 2011)

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  • Une bonne question...

    Nous reproduisons ici la chronique "télévision" de Franck Nouchi, publiée dans le Monde du 10 décembre 2010. L'auteur y pose honnêtement une bonne question...

     

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    Télé-empathie

    Le 6 novembre, sur le plateau d'"On n'est pas couché", Eric Zemmour s'interrogeait sur le "cas" Marine Le Pen : "Le problème aujourd'hui c'est que Marine Le Pen n'est pas antisémite, qu'elle ne fait pas de vanne à deux balles sur la seconde guerre mondiale, que sur la mondialisation, elle dit des choses pas très différentes de la gauche de la gauche. Et donc ça pose un vrai problème parce qu'elle est moins diabolisable que son père." "Pour l'instant, l'interrompit Laurent Ruquier, on a, j'ai choisi de ne pas recevoir Marine Le Pen. Et vous, Michel Drucker, vous la recevriez ?""Non, répondit l'animateur de "Vivement dimanche" présent, lui aussi, sur le plateau. Je n'ai pas reçu le père. La question ne se pose pas. Ce n'est pas d'actualité. On ne m'a rien demandé.""La question va se poser, Michel", prédit Eric Zemmour.

    Un mois plus tard, sur Radio Classique, Marine Le Pen expliquait que ces propos sont un "véritable scandale". "Il (Michel Drucker), ajoutait-elle, se permet d'exclure de son émission le représentant, ou la représentante d'ailleurs, de millions d'électeurs (...). M. Drucker, comme l'ensemble des autres journalistes qui travaillent sur le service public, ont un devoir."

    Sur son blog, notre confrère de L'Express, Renaud Revel, a pris la défense de Michel Drucker. "Il faut, écrit-il, faire preuve d'un bien grand cynisme et feindre de méconnaître le destin pour le moins bouleversant des Drucker, pour réagir de la sorte." Rappelant ce qu'écrit l'animateur sur son père juif, persécuté par les nazis pendant la guerre, dans Rappelle-moi (éditions Robert Laffont), Revel ajoute : "On peut aisément pardonner à Michel Drucker de ne pas vouloir donner suite à la demande d'une responsable politique de premier plan, à la droite de la droite, qui n'a jamais cru bon contester, même du bout des lèvres, les propos infâmes d'un père, Jean-Marie Le Pen, sur la Shoah."

    Sur le site Causeur, Elisabeth Lévy défend un point de vue différent : "Drucker et Ruquier n'aiment pas Marine Le Pen, c'est leur droit. Mais je ne savais pas que les invités de leurs émissions étaient choisis en fonction du goût des animateurs. On fait du divertissement, on invite qui on veut, disent-ils. Ben voyons ! Sauf que, nous divertissant avec des politiques, ils participent au débat public et doivent en respecter les règles."

    A partir du moment où Michel Drucker reconnaît lui-même qu'il ne veut pas rendre Marine Le Pen "sympathique" en l'invitant, toute la question est de savoir s'il est légitime d'inviter des personnalités politiques dans des émissions de pur divertissement qui, de fait, sont devenues de véritables lieux de promotion d'image. Si l'on pense que oui, alors se pose la question de savoir à qui il revient de lancer les invitations pour participer à de telles émissions de "télé-empathie". Comme disait Zemmour, ces questions vont se poser. Elles se posent déjà.

    Franck Nouchi (Le Monde, 10 décembre 2010)

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